Toujours le même rêve. Celui qui le réveillait en panique chaque matin. Les rayons de soleil qui passaient au travers des volets venaient effacer les images rémanentes de ses yeux et réchauffer sa peau refroidie par la sueur. Pourquoi ces mêmes visions revenaient constamment ? Cela faisait maintenant une semaine qu’il n’avait pas eu de nuit reposante. Il s’endormait dans les transports, sa vision se brouillait dans la rue, il avait du mal à tenir une conversation construite. Il fallait faire quelque chose, et comme la prise de somnifères n’y changeait rien, il fallait comprendre l’origine de ses cauchemars.
Il ouvrit ses volets, s’assit dans son lit et ferma les yeux pour repasser les souvenirs qui commençaient déjà à s’effacer.
Des formes floues commençaient à apparaitre. Il se tenait debout dans une vieille masure. Le vent nocturne du désert battait les murs décrépits et s’engouffrait par les fenêtres cassées, faisant bouger le bas de son cache-poussière. Devant lui, une porte fermée étouffait les cris de la famille qui habitait les lieux. Ils avaient peur de quelque chose. De lui ? Il avança à contre cœur, retraçant les souvenirs de son rêve. Lorsqu’il attrapa la poignée, un flash noir obscurcit sa vision.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, il était à l’intérieur de la pièce. A ses pieds, un corps sans vie trainait au sol, noyant de sang les interstices du parquet. Il avait été dépecé comme un animal, mais ce qui avait été enlevé était introuvable. Le rêveur regarda ses mains gantées, dont le cuir avait bu une bonne portion d’hémoglobine maintenant sèche. Un bruit sourd lui fit relever la tête. Quelque chose cognait contre la porte. Alors qu’il s’armait du six-coup qui pendait à sa ceinture, la porte éclata. Une abomination se tenait sur son pas. Un monstre composé de différentes pièces de chair et de parties de corps, arborant une tête difforme composé des restes de la famille de la petite maison. Un sourire odieux pendait à sa bouche sans lèvres, cerclé de dents éparses.
A la vue de cette ignominie, le rêveur rouvrit les yeux, incapable de continuer. Il n’avait rien n’apprit, et le seul fait de ressasser cet enfer lui avait donné la nausée. Il se leva pour aller se changer les idées. Lorsqu’il passa devant sa porte, un papier était glissé sur son paillasson.
Une photo de la vieille bâtisse, avec écrit à son dos : « C’est de ta faute ».
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Pour ce texte et les autres intitulés « thème : … » qui paraitront, le but a été de prendre une liste de mots et de s’en servir pour écrire des petites nouvelles, l’exercice permettant de s’imposer une règle pour développer la créativité et sortir de sa zone de confort.