C’était un après-midi ensoleillé d’été. Il faisait bon, un petit vent frais soufflait sur la plaine à côté de la maison de son grand-père. Il était assis sur sa chaise longue, sous un grand chêne, qui l’avait vu grandir. Il avait un saxophone entre les mains mais n’en jouait pas. Il n’avait d’ailleurs jamais su, mais il entendait quand même la mélodie qui pouvait s’en échapper. Il venait ici souvent étant enfant, pour écouter son grand-père jouer.
Les oiseaux qui accompagnaient l’instrument étaient toujours là, à chantonner des airs enjoués.
Un petit ruisseau coulait en contrebas, d’où le son des cliquetis semblable a de toute petites percutions s’échappait et montait à ses oreilles. Cet orchestre improbable, mélange de souvenirs et de nature, faisait naitre en lui une profonde sérénité.
Vint se mêler à cette scène le son lointain d’une guitare, celle de sa mère. Il se souvint l’avoir longuement écouté, sous cet arbre, accompagnant les envolées musicales de son grand-père.
Son chat vint s’allonger sur ses jambes. Il le caressa en écoutant paisiblement la douce mélodie qui se jouait là.
Son enfance avait été heureuse ici. Tout le lui rappelait. Ces doux souvenirs qui vous font vous échapper un instant et replonger dans l’innocence de l’enfance, où le monde est une aire de jeu, le ciel une source infini d’images et la nature un terrain d’aventure extraordinaire. Il se rappelait ses amis avec qui il avait joué pendant des heures, de son père avec qui il été allé camper dans la forêt voisine, de sa mère qui lui avait appris le nom des animaux et des plantes qui peuplaient les lieux…
Tous ses souvenirs faisaient de cet après-midi de fin d’été quelque chose de magique. Comme si, à cet instant, plus rien n’était important, que tout ce qu’il avait toujours voulu se trouvait là, devant lui.
Il rêvait, endormi sur sa chaise longue, son chat ronronnant sur les genoux, de petites larmes de nostalgie coulant sur ses joues.